Vos cheveux regraissent dès le lendemain du shampoing, ou au contraire tirent et cassent au moindre coup de brosse. Le produit « miracle » recommandé par une amie n’a rien changé. Le problème vient rarement du produit lui-même : il vient du diagnostic de départ. Identifier son type de cheveux avant de choisir un soin, c’est éviter des mois de tâtonnements et de dépenses inutiles.
Texture, épaisseur, porosité : trois critères à distinguer avant tout
La plupart des guides capillaires mélangent la forme du cheveu (raide, ondulé, bouclé, crépu) avec son épaisseur ou son état de surface. Ces trois paramètres sont pourtant indépendants. Un cheveu bouclé peut être fin ou épais, poreux ou non. Confondre forme et épaisseur mène à des choix de soins inadaptés.
La forme du cheveu dépend de la section du follicule pileux sous le cuir chevelu. Plus ce follicule est rond, plus le cheveu pousse droit. Plus il est aplati, plus la fibre s’enroule sur elle-même. C’est un paramètre génétique, stable dans le temps.
L’épaisseur, elle, se mesure sur un cheveu isolé. Coincez un cheveu entre le pouce et l’index : si vous ne le sentez quasiment pas, il est fin. S’il est bien perceptible, il est épais. Ce détail change tout, car un soin trop riche sur un cheveu fin l’alourdit et supprime le volume.
Reste la porosité, moins connue mais déterminante. Elle désigne la capacité de la fibre à absorber et retenir l’eau. Un article détaillant les types de cheveux et leurs soins adaptés explique bien ce mécanisme. Pour la tester chez vous, déposez un cheveu propre (sans produit) dans un verre d’eau. S’il flotte après quelques minutes, la porosité est faible. S’il coule rapidement, elle est forte.

Test maison pour déterminer son type de cheveux sans se tromper
Vous avez déjà remarqué que vos cheveux ne se comportent pas pareil selon le jour du lavage ? C’est normal : le sébum, les résidus de produits et l’humidité ambiante faussent l’observation. Pour un diagnostic fiable, une seule méthode fonctionne.
Lavez vos cheveux avec un shampoing doux, sans après-shampoing ni soin sans rinçage. Épongez-les délicatement avec un tissu en coton (un vieux t-shirt convient mieux qu’une serviette éponge, qui crée des frottements). Laissez sécher à l’air libre, sans toucher ni coiffer.
Une fois les cheveux secs, observez trois choses :
- Leur forme naturelle au repos : tombent-ils parfaitement droits, forment-ils des vagues en S, des boucles définies ou des spirales très serrées ? Cela détermine votre catégorie de forme (type 1 à 4).
- Leur volume général : une chevelure qui paraît plate et collée au crâne signale souvent des cheveux fins, tandis qu’un volume ample indique une fibre plus épaisse ou une densité capillaire élevée.
- Leur toucher en longueur : des cheveux rêches et rudes au toucher évoquent une forte porosité ou un manque d’hydratation, tandis que des cheveux doux mais mous manquent souvent de protéines.
Ce triple examen prend moins de cinq minutes. Il donne une base bien plus fiable que n’importe quel quiz en ligne, qui ne peut pas évaluer l’épaisseur ni la porosité réelles.
Adapter ses soins capillaires selon le résultat du diagnostic
Une fois ces trois paramètres identifiés, le choix des soins devient logique. Voici les combinaisons les plus courantes et ce qu’elles impliquent concrètement.
Cheveux fins à faible porosité
Ce profil absorbe mal les soins et s’alourdit vite. Privilégiez des textures légères : sprays, laits fluides, sérums aqueux. Les masques à base de beurre de karité ou d’huiles lourdes sont à éviter sur les longueurs. Le shampoing s’applique sur le cuir chevelu, pas sur les pointes, comme le recommande l’American Academy of Dermatology (AAD). La mousse qui s’écoule au rinçage suffit à nettoyer les longueurs.
Cheveux épais, bouclés ou crépus à forte porosité
La fibre perd son hydratation très vite et a besoin de soins riches appliqués en couches. La méthode consiste à superposer un soin hydratant (à base d’eau ou de gel d’aloe vera), puis un produit nourrissant (huile végétale), puis un produit scellant (beurre ou crème épaisse). C’est le principe du layering capillaire.
L’AAD conseille de démêler les cheveux texturés ou très bouclés lorsqu’ils sont encore humides, avec un peigne à dents larges. Tirer sur des boucles sèches casse la fibre et crée des frisottis.

Cuir chevelu gras et longueurs sèches
Ce cas, très fréquent, pousse souvent à espacer les lavages. La réalité est plus nuancée. La fréquence de lavage dépend de l’état du cuir chevelu, pas d’une règle fixe. Un cuir chevelu qui produit beaucoup de sébum a besoin d’être nettoyé régulièrement pour éviter l’accumulation de cellules mortes et de résidus. Espacer les shampoings par principe peut aggraver les démangeaisons ou les pellicules.
La solution : un shampoing doux appliqué uniquement sur le cuir chevelu, suivi d’un soin hydratant léger réservé aux longueurs et pointes.
Quand le soin ne suffit pas : les signaux à ne pas ignorer
Vous avez déjà remarqué des cheveux qui tombent plus que d’habitude ou qui s’affinent progressivement ? Une chute persistante ne s’explique pas toujours par une routine inadaptée. L’AAD recommande de consulter un dermatologue si la chute dure depuis plusieurs semaines, car les causes peuvent être hormonales, nutritionnelles ou médicales.
De même, un cuir chevelu qui démange, rougit ou pèle malgré des produits doux mérite un avis médical. Aucun masque ne corrige une dermatite séborrhéique ou un psoriasis du cuir chevelu. Le soin capillaire a ses limites, et les reconnaître évite de perdre du temps sur des solutions cosmétiques quand le problème est dermatologique.
Identifier précisément la forme, l’épaisseur et la porosité de ses cheveux reste le point de départ le plus concret pour construire une routine capillaire efficace. Le test au verre d’eau et l’observation post-lavage sans produit coûtent zéro euro et prennent quelques minutes. Partez de là avant d’acheter quoi que ce soit.



