
Le marché immobilier en France traverse une phase où les prix ne racontent qu’une partie de l’histoire. Depuis le début de l’année 2026, c’est le financement qui détermine réellement l’accès à la propriété : taux de crédit en hausse, durées de prêt qui s’allongent, et un écart croissant entre biens performants sur le plan énergétique et passoires thermiques. Mesurer ces décalages permet de comprendre où se situe le marché à l’été 2026, bien au-delà des moyennes nationales.
Crédit immobilier en 2026 : taux, durées et solvabilité des ménages
Le frein principal du marché ne vient pas d’un effondrement des prix. Il vient du robinet du crédit. Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen des crédits immobiliers atteint environ 3,30 % en juillet 2026, un niveau au plus haut depuis fin 2024.
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Pour compenser cette hausse, les banques et les emprunteurs allongent les durées de remboursement. La part des prêts de plus de 20 ans est passée d’environ 79 % en 2024 à plus de 84 % en juillet 2026. La durée moyenne dépasse désormais 21 ans (autour de 253 mois).
| Indicateur crédit | 2024 | Été 2026 |
|---|---|---|
| Taux moyen | Inférieur, en baisse | Environ 3,30 % |
| Part des prêts > 20 ans | ~79 % | ~84 % |
| Durée moyenne | Inférieure à 250 mois | ~253 mois |
| Nombre de prêts accordés | En reprise | En recul sur 3 mois glissants |
Ce tableau illustre un mécanisme précis : la solvabilité des ménages est artificiellement maintenue par l’allongement des durées. La capacité d’emprunt réelle, à mensualité constante, diminue. Les acquéreurs qui retrouvent les informations immobilières sur French Home peuvent suivre ces indicateurs de financement, qui pèsent davantage sur un projet que le prix au mètre carré affiché.
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Performance énergétique et prix immobiliers : un marché à deux vitesses
L’écart de prix entre logements bien classés au DPE et passoires thermiques se creuse de façon marquée. Les biens étiquetés F ou G subissent des décotes significatives par rapport aux logements classés A à D, un phénomène que plusieurs baromètres professionnels qualifient d’hyper-polarisation.
Plusieurs facteurs alimentent ce décalage :
- Les interdictions progressives de mise en location des logements les plus énergivores poussent les propriétaires bailleurs à vendre, augmentant l’offre sur ce segment.
- Les acquéreurs intègrent le coût des travaux de rénovation énergétique dans leur budget, ce qui réduit le prix acceptable pour un bien mal classé.
- Les banques examinent de plus en plus la performance énergétique dans l’instruction des dossiers de prêt, rendant le financement plus difficile pour les passoires thermiques.
Le résultat est un marché immobilier ancien divisé selon la qualité énergétique du bien, et non plus seulement selon la localisation. Un appartement classé B dans une ville moyenne peut se vendre plus rapidement qu’un bien classé G dans un quartier recherché.
DPE et négociation : ce qui change concrètement
Les marges de négociation sur les biens énergivores augmentent. Les vendeurs de logements classés F ou G doivent accepter des décotes ou investir dans des travaux avant la mise en vente pour maintenir leur prix. En revanche, les biens performants sur le plan énergétique conservent des délais de vente plus courts et des prix stables, parfois en légère hausse dans les métropoles.
Volume de transactions immobilières : la reprise freinée de 2026
Après une année 2025 marquée par un début de reprise, le premier semestre 2026 affiche un bilan plus nuancé. Le marché approche les 950 000 ventes sur un an en France, un chiffre qui traduit un retour d’activité par rapport au creux de 2024, mais qui reste en deçà des niveaux de 2021-2022.
Cette reprise est fragile. Le nombre de prêts accordés recule sur les derniers mois glissants, ce qui laisse présager un ralentissement des transactions au second semestre. Le segment du neuf montre un paradoxe : les mises en chantier augmentent de près de 30 % au premier semestre, alors que les ventes de logements neufs restent en recul.
Neuf contre ancien : des dynamiques opposées
L’offre de logements neufs s’étoffe, portée par les permis de construire délivrés depuis 2025. Les promoteurs relancent des programmes, mais les acquéreurs restent prudents face aux prix du neuf, souvent supérieurs de plusieurs centaines d’euros au mètre carré par rapport à l’ancien rénové.
Dans l’ancien, la situation dépend fortement de la localisation. Les métropoles dynamiques voient des hausses localisées, tandis que certaines zones rurales ou périurbaines stagnent. Le réseau ERA relève que les écarts de prix entre segments n’ont jamais été aussi marqués au premier semestre 2026.

Immobilier en France : les signaux à surveiller au second semestre 2026
Le second semestre s’ouvre avec une tension entre deux forces. D’un côté, un stock de biens qui s’étoffe, des vendeurs plus enclins à négocier, et des durées de prêt qui permettent encore d’acheter. De l’autre, des taux qui ne baissent pas, un nombre de prêts en recul, et une prudence généralisée chez les acquéreurs.
L’indicateur le plus fiable pour anticiper la suite reste le volume de crédits accordés. Si les banques durcissent encore leurs critères au troisième trimestre, le nombre de transactions pourrait plafonner sous la barre symbolique du million de ventes annuelles. La performance énergétique continuera de creuser l’écart entre biens désirables et biens délaissés.
Le marché immobilier en France à l’été 2026 n’est ni en crise ni en pleine reprise. Il est structurellement segmenté, avec des conditions d’accès au crédit qui pèsent plus lourd que les variations de prix dans la décision d’achat.